Qu'est-ce qu'un furet ?

Un furet ? C'est mignon, mais...C'est quoi exactement ?


Un furet est un mammifère: la femelle porte les jeunes dans son utérus, leur donne naissance et les allaite.

Il fait partie de l'Ordre des Carnivores (Carnivora), tout comme les félins ou les loups.
À l'instar de la loutre ou du blaireau, il appartient à la famille des Mustélidés (Mustelidae).

Son nom scientifique, Mustela putorius furo, signifie littéralement "Chasseur de souris malodorant et voleur". En effet, en plus d'avoir une odeur corporelle musquée, le furet est un carnivore strict qui se nourrit normalement de petits rongeurs, de lapins et d'oisillons.
 

Portraits de famille

La famille des Mustelidae compte plus de 50 espèces, réparties dans tous les milieux écologiques et aux quatre coins du monde: autant dire qu'il serait trop long de tous vous les présenter ! Mais attardons-nous tout de même sur quelques cousins de nos campagnes...
 
 
 
 
 
 

Putois d'Europe

Le putois européen (Mustela putorius putorius) est l'ancêtre sauvage du furet.

On le trouve sur tout le continent européen, où il fréquente aussi bien les milieux humides que les sous-bois et les plaines.

Ce chasseur hors pair se nourrit surtout de rongeurs, de petits reptiles, de lapins et d'oisillons.
 

Belette d'Europe

Du haut de ses 20 cm et 100 gr à l'âge adulte, la belette européenne (Mustela nivalis) est le plus petit mammifère carnivore du monde.

Présente un peu partout en Europe, elle se distingue de l'hermine par sa queue courte sans toupet noir, ainsi que par la ligne irrégulière entre dos brun et ventre blanc.

Elle se nourrit surtout de micro-rongeurs.
 

Vison d'Amérique

Comme son nom l'indique, le vison américain (Neovison vison) est originaire d'Amérique du Nord.
Importé et élevé pour sa fourrure depuis plus d'un siècle, il a pu coloniser l'Europe à la suite d'évasions et de lâchers incontrôlés.

Il se distingue du vison d'Europe (Mustela lutreola) par sa taille et sa tâche blanche présente juste sur la lèvre inférieure.
 

Fouine

La fouine (Martes martes), parfois appelée "Martre des hêtres", est un Mustélidés semi-arboricole.

Contrairement aux autres Mustélidés, elle ne fuit pas la civilisation. On la retrouve fréquemment dans les granges ou dans les combles.

Elle se nourrit de rongeurs, oiseaux, petits reptiles ainsi que de baies, fruits...
 

Blaireau d'Europe

Le blaireau européen (Meles meles) est le deuxième plus grand Mustélidés d'Europe.

Ce terrassier vit en famille au sein d'un réseau de terriers transmis par ses parents. Il y aménage des celliers, des chambres et même des latrines !

Le blaireau est omnivore et mange beaucoup d'invertébrés (vers de terre, escargots...)

Loutre d'Europe

La loutre européenne (Lutra lutra) passe une grande partie de sa vie dans l'eau. Son corps y est adapté: palmures des pattes, oreilles fermées par un clapet, fourrure étanche...

Très sensible à la qualité des eaux, elle a failli connaître l'extinction.

Elle se nourrit principalement de poissons et de crustacés d'eau douce.
 

Un peu d'histoire

Souvent considéré comme un animal sauvage par les néophytes, le furet est en vérité un animal domestique à part entière. Il est la forme domestiquée du putois européen, Mustela putorius putorius (en photo ci-dessous).
Domestiqué il y a plus de 2000 ans pour la chasse aux lapins (furetage) et la protection des récoltes contre les rongeurs indésirables, le furet était alors décrit comme un "putois albinos ou crème" et vivait dans la grange ou dans un clapier aux abords de l'habitation.
Il continue encore aujourd'hui d'être élevé pour le furetage. Cette activité fait d'ailleurs l'objet de concours de travail au terrier dans plusieurs pays (Angleterre, etc.).

Le furet a également attiré l'attention des fourreurs et est élevé depuis des siècles comme animal à fourrure, au même titre que son cousin le vison américain (Neovison vison). C'est notamment grâce aux éleveurs à fourrure que l'Angora et plusieurs variétés de couleurs ont vu le jour.

Parallèlement à ces fins utilitaires, le furet a commencé à attirer l'attention en tant qu'animal de compagnie en Europe durant la Renaissance.

En témoignent de nombreuses œuvres de l'époque mettant en scène des furets, dont la plus célèbre est la "Dame à l'Hermine" de Leonardo da Vinci (ci-contre).


Il faudra cependant attendre les années 1980 pour que le furet soit réellement popularisé comme animal de compagnie en Amérique du Nord.

On se souvient notamment du film "Un flic à la Maternelle", dans lequel le personnage principal avait un furet de compagnie.


Enfin, dans les années 1990-2000, le furet connut une véritable explosion en France. Cet effet de mode a cependant son revers: des abandons toujours plus nombreux, de la reproduction sauvage...

Ce petit mustélidé est aussi utilisé partout dans le monde comme modèle de recherche en virologie, en raison de ses similitudes importantes avec l'Homme dans sa réponde immunitaire face à certaines souches virales.
 

La vie en couleurs

Au même titre que le chien ou le chat, le furet a vu son pelage se modifier au fur et à mesure de sa domestication.


En effet, en vivant auprès de l'Homme, les putois apprivoisés avaient une mortalité moindre...Les couleurs de robe les plus criardes (couleurs claires) pouvaient donc survenir et se propager; alors qu'en milieu naturel ces individus clairs n'auraient pas échappé à l’œil des prédateurs !


Ce phénomène naturel, bien connu en élevage, est à l'origine de toutes les couleurs, longueurs de poils et marques blanches actuellement présentes chez le furet.

Cependant, chaque médaille a son revers: la mode du furet en Occident a popularisé des couleurs, type de robe ou marquages présentant des complications médicales.
Ainsi, les furets présentant des marques blanches sur la tête (panda, milkmouth, badger...) sont très à la mode, alors qu'ils sont le plus souvent atteints par le syndrome de Waardenburg, qui provoque de nombreux problèmes dont la surdité.
Les angoras, quant à eux, souffrent très souvent de troubles de la croissance et d'agalactie (impossibilité pour la femelle de produire du lait).


Sans rentrer dans le détail, voilà un aperçu des différentes couleurs de furets que l'on peut actuellement trouver en Europe et en Amérique du Nord (les photos proviennent de l'Association Américaine du Furet).
Attention: quoi qu'on vous dise, en France il n'existe pas de Livre des Origines ni de standard du furet pour le moment !

Albinos


Dépourvu de pigmentation, il est uniformément blanc avec des yeux rouges, des pelotes et une truffe rose.


Cette forme de putois a été la première à être qualifiée de "furet". À l'origine, la couleur albinos était quasiment le seul critère de domestication du putois européen.

Blanc aux yeux foncés (DEW, BEW)


Contrairement aux albinos, ce furet est partiellement coloré: il a les yeux foncés (noirs, bleus ou verts), sa truffe n'est pas toujours rose et sa fourrure peut présenter des poils colorés.


Ces furets sont plus à risque de souffrir du syndrome de Waardenburg.


Champagne

Les furets de cette couleur ont un aspect blond/caramel dû à un sous-poil miel associé à un poil de jarre brun clair à roux.
Il existe de nombreuses variantes de Champagne, selon l'intensité de la couleur du poil de jarre. Ces variantes portent des noms plus ou moins exotiques selon le pays: Pastel, Cannelle, Orange Royal...
Ce furet a toujours les yeux rouges foncés ("bourgogne").

Zibeline (sable)


Parfois appelés "putoisés", les furets de cette couleur ont un sous-poil blanc à doré et un poil de jarre brun foncé à noir.

Là encore, on peut distinguer différentes variantes de Zibeline en fonction de l'intensité de la couleur: Light salble, Zibeline, Zibeline noire...

Noir (blackself)


Les furets de cette couleur se caractérisent par un aspect noir quasiment uniforme sur tout le corps, à l'exception du visage qui conserve un masque.

Le sous-poil est blanc à doré, et le poil de jarre noir


Cette couleur de robe se retrouve dans de nombreuses populations de putois européens sauvages.

À propos des "futois"...

Le terme "futois" est communément utilisé dans le monde du furet pour désigner l'animal issu du croisement d'un furet domestique et d'un putois d'Europe. Ce terme est une appellation brevetée par l’Élevage du Grand Morin (désormais fermé).

Même si le furet et le putois constitue une même espèce, on peut parler d'hybridation car il s'agit de 2 sous-espèces distinctes présentant des différences génétiques, morphologiques et comportementales. Cette hybridation est appelée "Retrempage".

Il faut savoir que la Loi française interdit le commerce d'hybrides directs (c'est à dire la première génération issue d'un parent furet et un parent putois) sauf si le vendeur et l'acheteur sont titulaires d'une autorisation préfectorale à la détention de putois d'Europe. En effet, ces animaux sont légalement considérés comme des putois, et sont soumis au même régime de détention réglementée.
Cette interdiction n'est levée qu'à partir de la 3ème génération née en captivité.

Par ailleurs, si le furet est bel et bien une forme domestiquée du putois, il n'est pas 100% identique à son ancêtre pour autant .


De fait, l'hybride issu d'un tel croisement ne sera pas un "furet domestique" au sens propre du terme, même si le débat fait rage sur ce sujet.


Pour faire une comparaison, on pourrait dire que le "futois" est aux furets ce que le Chien Loup Tchécoslovaque est aux chiens: il est plus craintif, exclusif, nerveux et intelligent qu'un furet domestique classique.

Cela pose forcément des inconvénients dans le cadre d'une vie d'animal de compagnie:

  • La peur de la nouveauté rend difficile les déménagements et autres changement d'habitudes

  • Le caractère exclusif de la relation maître-animal rend très compliquées les relations avec des étrangers (pour les vacances, il est alors très difficile de faire garder un tel animal)

  • L'intelligence accrue de ce "furet pas comme les autres" lui permet de résoudre des problèmes très complexes et de manipuler les humains...mais cela est aussi synonyme d'ennui en cas de stimulations insuffisantes

  • Sa grande sensibilité en fait un animal plus délicat à éduquer et qui peut reporter ses émotions négatives sur son maître en le mordant sans prévenir

Réfléchissez donc bien avant de prendre la décision d'adopter un "futois" ou un descendant de "futois"...

Même s'il est courant de lire le contraire, il ne s'agit pas d'un furet ordinaire mais bien d'un animal aux fortes réminiscences sauvages,
qui pourrait se révéler être un cauchemar ambulant si vous n'arrivez pas à le comprendre et à le gérer...

Classiquoi ?!

La classification des espèces, qui fait partie des sciences du Vivant, correspond à regrouper et à classer les espèces vivantes selon leurs ressemblances et leurs ancêtres communs.
Ainsi, on distingue plusieurs niveaux de classification, un peu comme un système de tiroirs imbriqués: le Règne, puis l'Embranchement, puis la Classe, l'Ordre, la Famille, la Sous-famille, le Genre, l'Espèce et parfois la Sous-Espèce.

Fiche d'identité

Selon la classification des espèces, on peut définir le furet ainsi:
  • Classe: Mammifères
  • Ordre: Carnivora
  • Famille: Mustelidae
  • Sous-famille: Mustelinae
  • Genre: Mustela
  • Espèce: putorius
  • Sous-espèce: furo
  • Nom scientifique: Mustela putorius furo

Caractéristiques

Principales caractéristiques du furet:

  • Poids femelle: 800 gr à 1500 gr
  • Poids mâle: 1500 à 2500 gr
  • Longueur: 40 à 60 cm en moyenne
  • Nombre de dents: 36
  • Régime alimentaire: carnivore strict
  • Température corporelle: 38,8 °C en moyenne
  • Longévité: en moyenne 7 ans (3-12 ans)